Les titres-restaurant
Carte ou carnet, le titre-restaurant permet au salarié de payer son déjeuner. L’employeur en paie une partie, le salarié l’autre. Bien réglé, le titre-restaurant ne coûte aucune cotisation : c’est pour cela qu’il est si répandu. Voici les règles 2026 et leur traduction sur le bulletin.
À la fin de cette fiche, vous saurez
- Dire qui a droit à un titre-restaurant, et combien.
- Vérifier que la part de l’employeur est exonérée.
- Calculer la part retenue au salarié.
- Placer les titres-restaurant sur le bulletin.
1. Le principe
Le titre-restaurant a une valeur (par exemple 10,00 €). Cette valeur est payée en deux parts :
- la part de l’employeur, versée à l’organisme émetteur des titres ;
- la part du salarié, retenue sur son salaire net.
Le titre-restaurant n’est pas obligatoire : c’est l’employeur qui décide d’en donner, sauf si la convention collective ou un accord l’impose. Mais s’il en donne, il doit traiter tous les salariés de la même façon.
2. Qui y a droit, et combien ?
- Un titre par repas compris dans l’horaire de travail de la journée. En pratique, un titre par jour travaillé avec une pause repas.
- Pas de titre les jours d’absence : congés payés, maladie, jours de repos.
- Un salarié à temps partiel y a droit si son horaire de la journée comprend un repas (par exemple 9 h – 15 h), pas s’il travaille seulement le matin.
- Pas de titre pour un repas déjà fourni par l’employeur, ni pour un repas déjà remboursé en frais professionnels (prime de panier, repas en déplacement).
Dans les hôtels, cafés, restaurants
Le salarié d’un restaurant prend normalement son repas sur place : il a l’avantage nourriture, ou l’indemnité compensatrice de nourriture (fiche 3.1.2). Il ne reçoit donc pas de titre-restaurant pour ce même repas. Les titres-restaurant se rencontrent surtout pour le personnel qui ne mange pas sur place (siège, administratif).
3. Les deux conditions de l’exonération
La part de l’employeur n’est pas soumise aux cotisations, à la CSG-CRDS ni à l’impôt si les deux conditions sont remplies :
| Condition | Si elle n’est pas respectée |
|---|---|
| La part de l’employeur est entre 50 % et 60 % de la valeur du titre | Toute la part de l’employeur est soumise aux cotisations |
| La part de l’employeur ne dépasse pas 7,32 € par titre (limite 2026) | Seule la part au-dessus de 7,32 € est soumise |
Côté salarié, le titre peut être dépensé jusqu’à 25 € par jour en 2026, dans les restaurants et les commerces alimentaires. L’achat de produits à cuisiner (pâtes, riz, conserves) est autorisé jusqu’au 31 décembre 2026.
4. Exemples chiffrés
Dans tous les exemples, le salarié reçoit 20 titres dans le mois.
| Situation | Part employeur / part salarié par titre | Soumis à cotisations |
|---|---|---|
| A. Titre de 10,00 €, employeur à 60 % | 6,00 € / 4,00 € : conditions respectées | 0,00 € |
| B. Titre de 14,00 €, employeur à 50 % | 7,00 € / 7,00 € : sous les 7,32 € | 0,00 € |
| C. Titre de 15,00 €, employeur à 60 % | 9,00 € / 6,00 € : dépasse 7,32 € Soumis : (9,00 − 7,32) × 20 | 33,60 € |
| D. Titre de 10,00 €, employeur à 45 % | 4,50 € / 5,50 € : moins de 50 % Toute la part employeur : 4,50 × 20 | 90,00 € |
Dans les exemples C et D, la part soumise s’ajoute au brut, comme un avantage : elle supporte les cotisations et l’impôt.
5. Sur le bulletin de notre salarié
Notre salarié reçoit les 20 titres de l’exemple A. L’employeur paie 20 × 6,00 = 120,00 €, qui n’apparaissent pas dans le brut. Le salarié paie sa part : 20 × 4,00 = 80,00 €, retenus sur son net.
| Ligne | Sans titres | Avec les titres |
|---|---|---|
| Salaire de base | 1 971,71 € | 1 971,71 € |
| Salaire brut | 1 971,71 € | 1 971,71 € |
| Cotisations salariales | − 438,42 € | − 438,42 € |
| Titres-restaurant, part salariale (20 × 4,00 €) | — | − 80,00 € |
| Net à payer avant impôt | 1 533,29 € | 1 453,29 € |
Le net en argent baisse de 80,00 €, mais le salarié reçoit 200,00 € de titres (20 × 10,00 €) : il gagne 120,00 €, sans cotisations ni impôt. La retenue se place après les cotisations : elle ne change ni le brut, ni le net imposable.
Les titres se comptent souvent avec un mois de décalage : on remet en novembre les titres des jours travaillés en octobre. C’est permis, il faut juste rester régulier et corriger les jours d’absence.
À retenir
Le salarié reçoit un titre-restaurant par repas compris dans son horaire de travail, jamais pour un jour d’absence ni pour un repas déjà fourni ou remboursé. La part de l’employeur est exonérée si elle est entre 50 % et 60 % de la valeur du titre, et dans la limite de 7,32 € par titre en 2026. Sur le bulletin, seule la part du salarié apparaît, retenue après les cotisations ; la part de l’employeur n’entre dans le brut que pour ce qui dépasse les règles.