La réduction générale sur le bulletin
Nous savons maintenant calculer la réduction générale. Reste à la faire apparaître sur le bulletin, à savoir à qui elle profite (l’Urssaf ou la caisse de retraite complémentaire) et à mesurer ce qu’elle change vraiment pour l’employeur. Nous terminerons par les allègements propres aux heures supplémentaires.
À la fin de cette fiche, vous saurez
- Placer la réduction générale sur le bulletin et vérifier le nouveau total patronal.
- Répartir la réduction entre l’Urssaf et la retraite complémentaire.
- Calculer le coût employeur définitif de notre salarié.
- Appliquer les deux allègements liés aux heures supplémentaires.
1. Une ligne en moins, côté employeur
La réduction n’est pas répartie sur chaque cotisation : elle apparaît sur une seule ligne, en négatif, dans la colonne de l’employeur. Sur le bulletin simplifié, elle figure juste avant le total des cotisations, sous un libellé du type « Exonérations et allègements de cotisations employeur ».
Voici le bas du tableau des cotisations de notre salarié, une fois la réduction appliquée :
| Élément | Base | Part salarié | Taux employeur | Part employeur |
|---|---|---|---|---|
| … toutes les cotisations vues dans la fiche 2.3.4 … | 438,42 | 884,54 | ||
| Exonérations et allègements | ||||
| Réduction générale des cotisations patronales | 1 971,71 | 32,65 % | − 643,76 | |
| Total des cotisations et contributions | 438,42 | 240,78 | ||
Trois choses à remarquer :
- le taux affiché est simplement le coefficient (0,3265) écrit en pourcentage ;
- la part salarié ne bouge pas : 438,42 €. Le net avant impôt (1 533,29 €), le net imposable et le net payé restent les mêmes ;
- seul le total patronal baisse : 884,54 − 643,76 = 240,78 €.
Bon à savoir
Le bulletin doit aussi indiquer le montant total des allègements dont l’employeur a bénéficié. Beaucoup de logiciels l’affichent en bas du bulletin, à côté du coût total employeur. La réduction se déclare ensuite chaque mois dans la DSN.
2. Qui « paie » la réduction ?
La réduction porte à la fois sur des cotisations versées à l’Urssaf (maladie, vieillesse, famille, accidents du travail, chômage, FNAL, CSA) et sur des cotisations versées à la caisse de retraite complémentaire (Agirc-Arrco). Il faut donc la partager entre les deux, pour que chacune reçoive le bon montant.
La clé de partage est fixe. Sur les 39,81 points du coefficient maximum (entreprise de moins de 50 salariés), 6,01 points correspondent à la retraite complémentaire :
| Organisme | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Retraite complémentaire (Agirc-Arrco) | 643,76 × 6,01 ÷ 39,81 | 97,19 € |
| Urssaf | 643,76 − 97,19 | 546,57 € |
| Total de la réduction | 643,76 € |
Concrètement, l’employeur verse moins à chaque organisme. Pour notre salarié, voici ce qui reste à payer :
| Destinataire | Cotisations patronales | Réduction | Reste à payer |
|---|---|---|---|
| Urssaf (santé, AT, vieillesse, famille, chômage, AGS, autres contributions) | 730,04 € | − 546,57 € | 183,47 € |
| Agirc-Arrco (complémentaire tranche 1 et CEG) | 118,50 € | − 97,19 € | 21,31 € |
| Organisme de mutuelle | 36,00 € | — | 36,00 € |
| Total | 884,54 € | − 643,76 € | 240,78 € |
Dans la pratique, c’est le logiciel de paie qui fait ce partage et le transmet dans la DSN. Il est utile de le connaître pour comprendre pourquoi l’appel de cotisations de la caisse de retraite est plus faible que prévu.
3. Le vrai coût de notre salarié
| Avant la réduction | Après la réduction | |
|---|---|---|
| Cotisations patronales | 884,54 € | 240,78 € |
| Coût total employeur | 2 856,25 € | 2 212,49 € |
| Net payé au salarié | 1 492,63 € | 1 492,63 € |
La réduction efface près des trois quarts des cotisations patronales de notre salarié (643,76 sur 884,54 €). C’est pourquoi, pour un salaire proche du SMIC, le coût réel d’un salarié est bien plus bas que ce que laisse croire le calcul « brut + 45 % » souvent entendu.
4. Les allègements sur les heures supplémentaires
Les heures supplémentaires bénéficient de deux allègements en plus de la réduction générale, qui se cumulent avec elle.
Côté salarié : une réduction de cotisations
Sur la rémunération des heures supplémentaires (majoration comprise), le salarié ne paie pas ses cotisations de retraite, dans la limite de 11,31 %. Ce taux correspond aux cotisations salariales de retraite d’un non cadre (6,90 + 0,40 + 3,15 + 0,86). Le gain apparaît sur une ligne en négatif dans la colonne du salarié : son net augmente d’autant.
Côté employeur : une déduction forfaitaire
L’employeur déduit un montant fixe par heure supplémentaire :
| Effectif de l’entreprise | Déduction par heure supplémentaire |
|---|---|
| Moins de 20 salariés | 1,50 € |
| 20 salariés et plus | 0,50 € |
Depuis le 1er janvier 2026, la déduction de 0,50 € s’applique aussi aux entreprises de 250 salariés et plus. La déduction n’est possible que si les heures supplémentaires respectent la durée du travail et sont payées au moins au taux normal.
Exemple : 8 heures supplémentaires
Reprenons notre salarié avec 8 heures supplémentaires payées 16,25 € (cas 2 de la fiche 2.4.2) : 130,00 € de plus, pour un brut de 2 101,71 €.
| Allègement | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Réduction générale (employeur) | 2 101,71 × 0,3162 | 664,56 € |
| Réduction salariale sur les heures supplémentaires | 130,00 × 11,31 % | 14,70 € |
| Déduction forfaitaire patronale (moins de 20 salariés) | 8 × 1,50 | 12,00 € |
Les 130,00 € d’heures supplémentaires sont aussi exonérés d’impôt sur le revenu, dans la limite de 7 500 € par an : ils ne comptent pas dans le net imposable (voir la fiche 2.3.2).
À retenir
La réduction générale apparaît sur une seule ligne négative, côté employeur, avant le total des cotisations. Elle ne change rien pour le salarié. Environ 15 % (6,01 ÷ 39,81) est imputé sur la retraite complémentaire, le reste sur l’Urssaf. Pour notre salarié : 643,76 € de réduction, 240,78 € de cotisations patronales et un coût total de 2 212,49 €. Les heures supplémentaires ajoutent une réduction salariale (jusqu’à 11,31 %) et une déduction patronale (1,50 € ou 0,50 € par heure).